Et pourtant, un matin, à 15 jours du lancement presse, un changement de poste en interne provoque l’arrêt net de la commercialisation de la gamme. Les 45 000 produits étaient pourtant fabriqués, emballés, étiquetés et prêts à rejoindre les rayonnages des grands magasins. La question de leur devenir s’est alors posée?
La marque nous proposa de venir constater leur destruction en présence d’un huissier. Mais n’était-ce pas une solution de facilité, qui va à l’encontre de toutes les réflexions environnementales auxquelles doit faire face notre société? Un gaspillage ridicule et inconscient dans un contexte d’inflation du coût des matières premières. Cette situation pose alors la question du rôle d’un designer face à des décisions arbitraires de la sorte?
Certes, un projet est par définition vivant et à tout moment une collaboration peut s’arrêter pour des raisons légitimes, qu'elles soient d’ordres techniques, politiques, ou budgétaires et tous les designers ont souvenirs de projets avortés. Nous ne cherchons en aucun cas à remettre en question cette décision qui appartient à la marque, ni à jouer une revanche mais juste à se poser la question du devenir de ces produits quand cette décision apparaît en bout de chaîne.
Pour éviter la destruction de ce stock, notre pari est alors de racheter l'ensemble de la marchandise pour la diffuser à travers notre réseau commercial et notamment notre boutique internet. Parallèlement et afin d'écouler ce stock considérable, nous avons décidé d'organiser des missions de sauvetage ponctuelles où chaque produit sera vendu 1€ symbolique. Ces ventes exceptionnelles auront lieu dans le cadre d’événements* liés au Design qui nous permettront de raconter l'histoire et de sensibiliser les visiteurs à ce gaspillage.
Au travers de cette opération, nous démontrons que le designer n’est pas seulement responsable de l’esthétique des objets mais qu’il en est aussi le garant et le témoin et qu’il peut proposer des alternatives commerciales en début comme en fin de parcours. Le plus passionnant dans cette histoire, c’est que lors de nos premiers échanges et après avoir visité l’usine, notre première réponse fut de leur conseiller de réanimer leurs invendus plutôt que de dessiner de nouveaux produits. La réponse à cette proposition avait été négative. Il était - semble-t-il - plus simple de créer de nouveaux moules et surtout pas très positif de communiquer sur l’existence de produits invendus. Et nous voilà trois ans plus tard en train d’essayer de sauver nos propres objets!
le FNAC, Fonds National d'Art Contemporain, a acheté le projet Save a product for 1€ en 2009.
En 2008, le Musée d'art et d'Industrie de Saint Etienne a ajouté à sa collection un set de produits Save a product.
EXPOSITIONS
2010
- Opération Save a product for 1€, Imaginez Toulouse, Toulouse, France
2009
- Opération Save a product for 1€, Centre culturel français de Milan, Salone del Mobile, Milan, Italie
2008
- 79m² de 5.5 designers, Magazyn Praga, Varsovie, Poland
- Opération Save a product for 1€, Comédie, off Biennale du design, Saint Etienne, France
- Opération Save a product for 1€, Puces du design, Paris, France