Ancre marine, petite rose sexy sur le haut du dos, cœur pulpeux marqué d’initiales sur le bras, husky sur le torse, petit soleil autour du nombril, lettre chinoise au mollet, tatouage maori pour les athlètes musclés, autant de signes forts qui définissent l’esthétique du tatouage et qui témoignent des courants auxquels aspirent les adeptes de la pratique. Aujourd’hui ils sont devenus de véritables accessoires de mode pour lesquels on craque de plus en plus facilement. Seulement, le problème avec la mode, c’est qu’elle change et que le tatouage reste une marque indélébile. On voit souvent des photos d’individus exhibant fièrement leur tatoo comme un véritable symbole d’appartenance à une tribu, mais on ne parle que très rarement des gens qui ne le supportent plus et qui finissent par le vivre comme un véritable handicap. En effet beaucoup de gens cherchent à camoufler un signe dans lequel il ne se retrouve plus. Il existe certaines techniques pour se faire retirer un tatouage, mais elles restent très onéreuses et pas très au point pour la plupart d’entre elles. Communément les gens qui ne le supportent plus décident de le transformer, de le réhabiliter en l’utilisant comme la base d’un nouveau dessin qui proposera vraisemblablement quelques années plus tard le même ressenti. Cette transformation est devenue un véritable phénomène que certains tatoueurs présentent comme une technique dont ils sont spécialistes.
[ I REGRET ] est une proposition qui s’inscrit dans la lignée de ces nouvelles pratiques de disparition du tatouage, conséquence de son essor médiatique. Une sorte de pansement pour tatouage révolu que l’on ne supporte plus, un label qui signe un tatouage que l’on a aimé au point de le détester. Accepter de surenchérir son tatouage du signe [ I REGRET ] est une façon de reconnaître ses erreurs et d’afficher fièrement que cette marque n’est plus vraiment le reflet de sa personnalité sans pour autant la faire totalement disparaître. Un signe pour assumer son passé et faire accepter l’idée que l’homme a le droit de changer… une façon de rendre le tatouage plus vraiment éternel.
Réalisé pour l'exposition "Eden ADN", Biennale de design de St Etienne 2006, sur une invitation de Anthony van den Bossche
EXPOSITIONS
2007
- As long as it lasts, Art Basel Miami Beach, Miami, USA
2006
- "Eden ADN" organisée par Anthony van den Bossche, Biennale de design de St Etienne, France